Une flotte électrique pour la distribution des supermarchés : les enseignements tirés de la pratique
La distribution des supermarchés est l’un des domaines les plus prometteurs en matière d’électrification. Les itinéraires sont la plupart du temps prévisibles, les distances restent souvent limitées et les véhicules reviennent généralement au même centre de distribution. Parallèlement, la pression s’intensifie pour rendre les transports dans les zones urbaines plus propres et plus silencieux. C’est pourquoi l’intérêt pour une flotte électrique croît rapidement.
Mais en quoi la distribution des supermarchés se prête-t-elle si bien au transport électrique ? Et quels choix faut-il faire pour qu’une telle flotte fonctionne correctement dans la pratique ?
Dans cet article, nous examinons ces questions à la lumière de la pratique. Nous nous appuyons également sur les enseignements tirés de la collaboration entre Scania et la chaîne de supermarchés Jumbo.
Résumé
- La distribution des supermarchés se prête bien à une flotte électrique, car les itinéraires sont souvent fixes et les camions reviennent au dépôt.
- Des exemples concrets, comme celui de Jumbo, montrent que l’approvisionnement électrique des supermarchés est déjà faisable à grande échelle.
- Pour réussir la transition, il ne suffit pas de disposer de véhicules électriques, il faut également des infrastructures de recharge adaptées et une planification intelligente.
- Dans ce mode de transport, l’autonomie est généralement facile à gérer grâce à des trajets courts et prévisibles.
- Grâce à une approche globale, les supermarchés se préparent à l’arrivée des zones zéro émission et à une réduction de leurs coûts d’exploitation.
Pourquoi la distribution des supermarchés s’inscrit-elle parfaitement dans le cadre de l’électrification ?
Tous les flux de transport ne se prêtent pas encore tout à fait aux véhicules électriques, mais dans le domaine de la distribution des supermarchés, les conditions sont souvent particulièrement favorables.
Cela tient principalement à la structure du travail. De nombreux trajets suivent des schémas bien établis : d’un centre de distribution vers les magasins, puis le retour au centre. De ce fait, les distances, les temps de trajet et les moments de chargement sont relativement faciles à prévoir. C’est précisément cette prévisibilité qui rend l’électrification intéressante sur le plan technique et opérationnel.
En outre, l’environnement joue un rôle important. Les livraisons des supermarchés ont souvent lieu dans les zones urbaines et leurs environs. Dans ce contexte, les autorités publiques mettent de plus en plus souvent en place des zones à zéro émission, où les véhicules polluants n’ont pas leur place. Les camions électriques s’inscrivent parfaitement dans cette démarche, car ils ne produisent aucune émission au niveau local.
Le niveau sonore plus faible est également un facteur important. Les camions électriques sont moins bruyants que les véhicules diesel. Cela présente des avantages pour les livraisons dans les centres-villes, les quartiers résidentiels et aux heures où les nuisances sonores constituent un problème.
Une flotte électrique ne se limite pas aux camions électriques
L’acquisition d’un camion électrique constitue une première étape importante, mais la transition n’est pas encore achevée pour autant. La mise en service d’une flotte électrique nécessite une approche systémique et une réflexion en termes de chaîne logistique.
Dans le domaine du transport routier, l’accent est souvent mis sur la disponibilité, le carburant et la planification des interventions. Dans le domaine du transport électrique, de nouvelles variables viennent encore s’ajouter. Pensez à la capacité de la batterie, aux temps de recharge, à la demande en puissance et à l’adéquation entre l’itinéraire et la consommation d’énergie.
C’est pourquoi il est nécessaire d’examiner l’ensemble du système :
- la longueur et la durée des trajets ;
- les moments où les véhicules reviennent au dépôt ;
- la consommation d’énergie prévue par trajet ;
- la capacité de chargement disponible ;
- le lien entre la planification des interventions et les moments de chargement.
Ce n’est que lorsque ces éléments s’imbriquent les uns dans les autres qu’il est possible de constituer une flotte qui soit non seulement durable, mais aussi fiable sur le plan opérationnel. On voit alors plus clairement comment les coûts globaux évoluent sur le long terme.
Infrastructures de recharge pour la distribution électrique en supermarchés
Une flotte de véhicules électriques ne peut fonctionner que si les infrastructures de recharge sont en place. Ces infrastructures constituent la colonne vertébrale technique du système.
Dans le cadre de la distribution des supermarchés, le recours à la recharge au dépôt est souvent une solution évidente. Les véhicules reviennent chaque jour à un emplacement fixe et y restent généralement immobilisés pendant un certain temps.
Cela permet de recharger les batteries à un moment prévu, sans que les opérations ne soient immédiatement compromises.
Mais la recharge au dépôt ne suffit pas toujours. Lorsque les trajets s’allongent, que les véhicules effectuent plusieurs tournées ou que la pression opérationnelle augmente, il peut s’avérer nécessaire de mettre en place des infrastructures de recharge rapide supplémentaires. Il ne s’agit pas seulement de la présence de bornes de recharge, mais aussi de la puissance de recharge, de la capacité du réseau et de la gestion intelligente de l’énergie.
C’est pourquoi de nombreuses entreprises optent pour une approche globale. Dans ce cadre, les véhicules, les solutions de recharge, les logiciels et les systèmes de surveillance sont conçus de manière intégrée. On obtient ainsi un système plus facile à planifier et qui pourra également être étendu plus facilement par la suite.
L’autonomie constitue-t-elle un problème pour la distribution électrique des produits des supermarchés ?
La plupart du temps, ce n’est pas un problème. C’est précisément dans la distribution des supermarchés que l’autonomie est souvent facile à gérer, car les trajets sont relativement courts et prévisibles et les camions reviennent au dépôt.
Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas tenir compte du facteur autonomie. L’autonomie d’un camion électrique dépend toujours de facteurs tels que le poids du chargement, le style de conduite du chauffeur, les conditions météorologiques et le tracé de l’itinéraire. Pourtant, ces facteurs sont généralement faciles à cerner dans le domaine de la distribution des supermarchés.
Cela permet ainsi de coordonner avec précision les véhicules, les moments de chargement et la planification des itinéraires. Avec une configuration adéquate et une stratégie de mise en œuvre bien pensée, l’autonomie ne constitue donc que rarement un obstacle dans ce mode de transport.
Quels sont les avantages pour les supermarchés ?
Les avantages d’une flotte électrique ne se limitent pas à la seule réduction des émissions. Pour les supermarchés, cela se traduit par des bénéfices à plusieurs niveaux.
Il y a tout d’abord l’impact environnemental. Les camions électriques ne rejettent pas de gaz d’échappement lorsqu’ils roulent. De ce fait, ils contribuent à assainir l’air dans les zones urbaines et s’inscrivent dans le cadre d’une réglementation plus stricte et d’objectifs de développement durable. De nombreuses entreprises sont tenues de publier un rapport de durabilité CSRD, et les prestations de leur flotte d’un point de vue environnemental y jouent un rôle important.
De plus, les coûts d’exploitation pourraient s’avérer plus avantageux à terme. Les véhicules électriques comportent moins de pièces mobiles que les camions diesel, ce qui peut se traduire par des besoins d’entretien réduits. De plus, selon les conditions de recharge et le prix de l’électricité, les coûts énergétiques peuvent s’avérer plus avantageux que les coûts de carburant.
Le bruit joue également un rôle. Le niveau sonore plus faible rend les véhicules électriques particulièrement adaptés aux livraisons dans les zones où la qualité de vie et les créneaux horaires sont des facteurs importants.
Enfin, l’électrification revêt également une importance stratégique. Une chaîne de supermarchés qui investit de manière visible dans des modes de transport respectueux de l’environnement montre qu’elle s’engage activement en faveur d’une logistique plus durable. Cela peut contribuer à renforcer la réputation, la confiance des parties concernées et le positionnement.
Quelles sont les étapes à suivre pour assurer la transition ?
Le passage à une flotte électrique n’est pas un simple remplacement de véhicules, mais un processus de transformation qui combine aspects techniques, opérationnels et organisationnels.
La première étape consiste à analyser la situation. Quels sont les itinéraires empruntés ? Quelle est la distance moyenne ? Combien y a-t-il d’arrêts par trajet ? À quel moment les véhicules sont-ils à l’arrêt, et quels sont les créneaux disponibles pour charger ? Sans cet éclairage, il est difficile de faire le bon choix.
Vient ensuite la transposition à l’échelle des véhicules. Tous les camions électriques n’ont pas la même capacité de batterie, la même configuration ou les mêmes possibilités d’utilisation. Le choix doit donc être adapté à la tâche de transport. Le système modulaire de Scania permet ici une personnalisation sur mesure.
La stratégie de recharge vient ensuite. Il ne s’agit pas seulement des bornes de recharge, mais aussi de la puissance, du raccordement, de la gestion de l’énergie et de l’organisation logistique du dépôt.
Les chauffeurs constituent également un facteur important. Leur style de conduite influe sur la consommation d’énergie et, par conséquent, sur l’utilisabilité du véhicule. La formation et l’accompagnement peuvent donc contribuer directement à améliorer les prestations de la flotte.
Par ailleurs, les subsides et autres dispositifs financiers jouent un rôle. Ces mesures peuvent contribuer à rendre la transition plus intéressante sur le plan économique et à réduire les freins à l’investissement.
Le rôle de Scania en tant que fournisseur de solutions globales
Dans le cadre de cette transition, il est important de ne pas se limiter aux véhicules, mais de prendre en compte l’ensemble de l’écosystème qui les entoure. Scania se positionne donc comme un fournisseur de solutions globales.
Cela implique un accompagnement dans les domaines suivants :
- le choix des véhicules appropriés ;
- la conception de solutions de recharge ;
- les réparations et les entretiens ;
- l’analyse des données et le suivi de l’utilisation ;
- l’accompagnement lors de la mise en œuvre ;
- la formation et l’accompagnement des chauffeurs.
L’avantage d’une telle approche globale est qu’elle permet d’éviter la création d’un ensemble disparate de camions et de bornes de recharge, pour aboutir à un système cohérent. C’est précisément cette cohérence qui détermine dans une large mesure si une flotte électrique fonctionne réellement bien dans la pratique.
Aborder la transition vers une flotte électrique de manière stratégique
Pour de nombreuses entreprises, il est judicieux de procéder par étapes. Il n’est généralement pas nécessaire de remplacer l’ensemble du parc automobile en une seule fois.
Une première étape logique consiste à commencer par un nombre limité d’itinéraires qui sont facilement prévisibles. Cela permet de se faire une idée des prestations des camions, de leur consommation d’énergie et du déroulement des opérations de recharge au quotidien.
Ces essais permettront ensuite de passer à une échelle supérieure. Cela rend la transition plus claire et réduit le risque de difficultés opérationnelles.
À cet égard, il est très utile de collaborer avec un partenaire qui maîtrise à la fois les véhicules, les infrastructures de recharge et la mise en service opérationnelle. C’est précisément dans le secteur de la grande distribution que la réussite de l’électrification dépend de la manière dont tous ces éléments s’articulent dans la pratique quotidienne. En abordant cette transition étape par étape et de manière globale, on jette les bases d’une flotte électrique qui est non seulement plus durable, mais aussi fiable, évolutive et parée pour l’avenir.
FAQ’s
Oui. En raison des itinéraires fixes, des distances relativement courtes et du retour au dépôt, la distribution pour les supermarchés est l’un des domaines les plus propices à l’électrification. C’est précisément cette prévisibilité qui facilite la coordination optimale entre les véhicules, les périodes pour la recharge et les missions quotidiennes.
Cela dépend de la planification des itinéraires, de la taille du parc automobile et des exigences opérationnelles. De nombreuses entreprises commencent par une partie de leur flotte, puis étendent progressivement leur évolution vers l’électrification dès qu’elles ont déterminé quelle stratégie de mise en œuvre et quelles possibilités de recharge s’avèrent les plus efficaces dans la pratique.
Dans la plupart des cas, par la recharge au dépôt. En fonction de la charge de travail et de l’organisation des itinéraires, il est possible de compléter ce dispositif par des recharges rapides, afin que la flotte reste disponible de manière fiable, même en cas de charge de travail plus importante ou de trajets plus longs.
Très souvent, oui. C’est notamment dans le cadre de la distribution urbaine et des itinéraires fixes que l’autonomie est, dans de nombreux cas, facilement gérable. Grâce à une configuration adéquate des véhicules et à une planification bien pensée, l’autonomie constitue donc rarement un obstacle opérationnel.
Elle peut l’être, certainement. La réduction des coûts d’entretien, les économies d’énergie potentielles et les subventions disponibles peuvent rendre une flotte électrique financièrement intéressante à long terme.