Emballages usine vertueux !
Collecter, trier et surtout transporter les emballages vides du site d’assemblage français de camions, Scania Production Angers, vers une plateforme relais avec un Scania R 400E tout électrique… Ce dispositif qui vise à réduire l’empreinte carbone de l’industriel a été proposé par Leadec, spécialiste des services aux industries, en collaboration avec le transporteur Jolival. Une boucle vertueuse mise en œuvre avec la solution intégrée de Scania en faveur de l’électrification du transport. Explications.
Un train d’usine et ses trois wagons chargés d’emballages vides sort de la ligne Scania Production Angers. Il se dirige vers le centre de collecte attenant où les emballages seront traités. « Une cinquantaine de personnes se relaient sur la ligne de valorisation des emballages vides. Il peut s’agir de palettes avec réhausses bois, de boîtes en plastique, d’intercalaires… Il y a environ 150 références de contenant que nous démontons, rangeons et recyclons », explique Romaric O’Jeanson, directeur régional Ouest Leadec France. En bout de ligne, on aperçoit aussi deux quais de chargement. Là, les ensembles, tracteurs et semis sont chargés pour rejoindre le second site Leadec, plus vaste, situé à Saint-Barthélémy-d’Anjou (49), où les emballages sont déchargés et stockés. « Ils repartiront ensuite, selon un plan logistique, chez les fournisseurs français de Scania ou du sud de l’Europe – Espagne, Portugal, etc. –, prêts à être réutilisés pour charger de nouvelles pièces détachées et revenir en usine », explique-t-il.
Le Scania BEV* R 400E A4x2 et sa semi Mega-Trailer avec ses 100 m3 de chargement quitte l’usine, rejoignant la plateforme Leadec située à 3,5 kilomètres de là. Sans bruit, le véhicule montre son agilité. Malgré sa longueur, il absorbe la route en silence : « c’est très agréable à la conduite », indique le conducteur, Aurélien Macé, formateur du transporteur Jolival, expliquant aussi la nécessaire anticipation à la conduite pour recharger les batteries au roulage.
* Battery Electric Vehicle ou véhicule électrique à batteries.
STRATÉGIE DE RECHARGE électrique :
une étude selon l’exploitation
« Sur ce dossier, avec les contraintes de Leadec d’un site en location et comme la boucle réalisée par les véhicules électriques ne nécessitait pas de recharge rapide en cours de journée, le choix de chargeurs mobiles lents d’une puissance de 40 kW maximum s’est imposé », rappelle Jonathan Vial, responsable commercial Erinion France, qui précise aussi que la solution « chargeurs mobiles » marque souvent les premiers pas vers l’électrification. « Pour assurer à Leadec plus de souplesse, nous avons monté avec Scania Finance un contrat de location des chargeurs sur trois ans – équivalent à la durée de son contrat sur la logistique emballages. Le modèle ? Les chargeurs ont été vendus à Scania Finance qui a monté le financement », ajoute le responsable. Une approche intégrée de Scania où expertise et services ont accompagné Leadec à chaque étape du projet d’électrification.
Une logistique décarbonée des « emballages »
Non pas un, mais trois contrats entourent les flux d’emballages de l’usine angevine : le premier concerne la collecte avec la maîtrise d’œuvre et l’expertise des emballages sur l’usine d’Angers (49), le second porte sur la logistique avec les départs d’emballages revalorisés aux fournisseurs de pièces détachées Scania, et le troisième traite du transport entre l’usine et la plateforme Leadec d’Angers. « C’est sur ce contrat de trois ans que nous avons travaillé avec Scania France et le groupe Jolival », indique Romaric O’Jeanson.
À l’époque, Scania avait besoin de repenser ses flux d’emballages dans le cadre d’une politique de réduction de ses impacts environnementaux. « L’idée était de ne plus les renvoyer vides vers l’Allemagne et de créer un service logistique de revalorisation, à l’empreinte carbone la plus faible possible », souligne-t-il.Dans cette perspective, Leadec étudie alors la possibilité de faire de l’usine angevine un point de maillage des emballages vides. Dans la foulée, Romaric O’Jeanson fait appel à Scania France pour étudier la pertinence d’un transport 100 % électrique des emballages vides vers la plateforme logistique. « C’est comme cela que l’on a commencé à écrire l’histoire de ce système vertueux… accompagné par tout l’écosystème Scania », confie-t-il.
À la recherche d’un transporteur qui accepte de sortir des schémas traditionnels en relevant le challenge de l’électrique, Leadec croise l’enthousiasme de Gaëtan Jollivet, dirigeant du groupe Jolival. Ce transporteur, client de la Dian*, avait très tôt investi dans le biogaz avec Scania, « une énergie qui représente aujourd’hui un quart de ma flotte. La proposition de Leadec d’avancer sur l’électrique m’a tout de suite intéressé », renchérit-il, investi dans la transition énergétique de l’entreprise. Soutenue par Scania France et accompagnée par Jolival, la proposition « de navettes électriques » a ainsi été retenue par l’entité groupe Scania Packaging. « C’était il y a deux ans. Aujourd’hui, on est dans le vif du sujet ! », rapporte Romaric O’Jeanson.
* Distributeur Scania basé à Nantes (44).
" L’idée était de créer un service logistique de revalorisation à l’empreinte carbone la plus faible possible. "
Romaric O’Jeanson, directeur régional Ouest Leadec France.
L’approche intégrée Scania
Avec deux chargeurs mobiles installés sur la plateforme logistique Leadec, les deux Scania sont rechargés tous les deux à trois jours, pendant leur pause longue de nuit, en charge lente. « Afin de nous adapter aux contraintes de notre site en exploitation et aux besoins de notre client, nous avons opté pour une solution flexible avec des chargeurs mobiles et non fixes », détaille le directeur. « Pour le travail des véhicules navettes chargés à 12 tonnes seulement, ce n’était pas nécessaire, leur autonomie de 400 km permettant d’assurer les tournées quotidiennes », continue Florian Rouault, commercial Dian.
Pour parfaire ce système d’exploitation sur mesure, une solution de financement des deux chargeurs mobiles par Scania Finance a été proposée à Leadec sur la durée du contrat. « Scania France, Erinion, la Dian, et même Scania Finance, nous avons été accompagnés dans ce projet “osé” par toutes les entités Scania sur un modèle d’électrification qui n’avait pas d’équivalent », s’accordent Leadec et son partenaire transport. Le dirigeant de Jolival a d’ailleurs préféré acquérir ses deux Scania BEV R 400E sur ses fonds propres. « Nous pouvions le faire », note-t-il, convaincu par la viabilité du modèle électrique. L’entrepreneur défend ses atouts : « avec des coûts d’exploitation et de maintenance qui abaissent le TCO *, malgré le prix d’achat élevé des tracteurs », confie Gaëtan Jollivet.
* Total Cost of Ownership ou coût total de possession.
Suivre la cadence usine
Pour tenir le rythme des navettes entre l’usine et sa plateforme, le logisticien a prévu dans son schéma logistique deux tracteurs électriques. L’usine fonctionne en deux équipes, les emballages arrivent en continu. « Nous disposons d’une heure entre l’arrivée des emballages vides et leur dépôt sur notre plateforme pour ne pas bloquer la chaîne de production », explique le directeur de Leadec. « L’usine travaille selon le modèle du “just on time”, il n’y a pas ou peu de stockage de pièces. Les palettes d’emballages sont prévues pour deux heures de production. C’est un flux permanent où tout est millimétré », souligne Matthieu Jarcin, responsable flux Inbound Scania Production Angers.
Pour parer les cadences de production variables de l’usine, Leadec a travaillé sur un schéma de navettes modulable. Un camion roule en continu sur deux tranches horaires : une première de 5 h à 13 h, et une seconde de 13 h à 21 h, avec deux conducteurs qui se relaient. « Si les cadences usine augmentent, nous ajoutons en journée le deuxième tracteur pour accélérer les rotations », spécifie Romaric O’Jeanson qui rappelle la vitesse d’écoulement faible du moment, avec seulement quinze navettes sur la journée. « Cela nous laisse le temps d’améliorer l’exploitation, qu’il s’agisse de l’ergonomie des conducteurs, des boucles lentes ou rapides à effectuer ou du bilan sur les matériels », conclut le transporteur, attaché à la réussite du projet.